A la découverte de la Bulgarie
Nous avons effectué un circuit de 22 jours en dehors des sentiers battus pour découvrir un pays qui nous a enchanté. Les touristes se font encore très rares et pourtant, ce pays gagne à être connu. C'est une terre qui nous a séduits!

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Jour 1 - Arrivée à Sofia

 

A l'origine, nous ne connaissions rien de ce pays, situé aux confins de l'Europe. C'est en surfant sur Internet que nous avons découvert une petite agence de voyages franco-bulgare, Balkania Tour (www.balkania-tour.com/fr/balkania-tour) qui nous a concocté un superbe circuit de 22 jours en dehors des sentiers battus, décrivant une boucle entre Sofia et Sofia.

 

 

Pour ceux qui veulent voir toutes les photos du voyage, nous les invitons à se rendre sur le site Internet de Flickr.com (www.flickr.com/photos/42506328@N06/collections/) pour y découvrir une part de ce qui nous a ébloui dans ce pays.

C'est effectivement l'un pays les plus pauvres de l'Union européenne, mais tellement attachant !             

D'une superficie de 110.912 km², la Bulgarie est entourée:     

- au Nord, de la Roumanie,

- à l'Ouest, de la Serbie et de la Macédoine,

- au Sud, de la Grèce et de la Turquie,

- et enfin, l'Est est baigné par les flots de la mer Noire.

Près de 9 millions d'habitants vivent dans ce pays, soit une faible densité de quelque 81 habitants au km².

De son histoire, nous ne connaissons que peu de choses si ce n'est qu'il s'agit d'un pays inféodé à l'URSS après la seconde guerre mondiale et qui rejoignit l'Union européenne en 2007. Pour le reste, mystère...

Or, c'est en Bulgarie que s'épanouit la brillante civilisation des Thraces en 1300 avant notre ère. Chasseurs, éleveurs et redoutables guerriers, les Thraces ont créé une riche civilisation dont il ne reste que quelques nécropoles. Les Thraces ont eu, par ailleurs, une influence sur la culture grecque. C'est eux qui lui ont apporté le culte de Dionysos et le mythe d'Orphée, l'un de leurs rois, probablement légendaire.

Au cours du 4e siècle av. J-C, les Grecs ont établi des comptoirs sur la mer Noire, à Sozopol, Nesebar et Varna.

En 46 de notre ère, les Romains soumettent la Thrace après des années de luttes sanglantes. L'ancienne Thrace connaîtra alors la "pax romana" et ses habitants obtiendront la citoyenneté romaine. Ils donneront quelques empereurs éphémères.

Mais au 4e s., les "barbares" vont déferler dans la région. Au 5e s., un nouveau peuple s'établit dans la région du bas Danube: il s'agit de Bulgares. Du 7e au 11e s., on connaîtra ainsi le premier Empire bulgare.

Au début du 10e s., cet Empire connaîtra son apogée: la Grande Bulgarie qui englobe aussi la Serbie, l'Albanie et la Macédoine est le plus grand royaume d'Europe et rivalise avec Byzance. Siméon Ier le Grand prend même le titre de "tsar". Mais au 11e s., c'est le déclin: l'essentiel de l'Empire bulgare passe sous le contrôle du puissant voisin byzantin.

Près de deux siècles plus tard et c'est le second Empire bulgare avec la dynastie des Asénides. Au début du 13e s., l'Empire bulgare connaîtra un essor économique et culturel sans précédent.

 

 

En revanche, du 14e au 19e s., on parlera de "nuit ottomane": la Bulgarie disparaît en tant qu'Etat. Une période incroyablement longue au curs de laquelle elle est intégrée à l'Empire Ottoman. Elle devient une simple province, la province de Roumélie, dirigée par un gouverneur, le beylerbey. La culture bulgare, à cette époque, se réfugie dans les monastères peu accessibles, à Rila, Backovo... Cette période fut marquée par diverses insurrections. Mais il fallut attendre 1850 pour voir la conscience nationale se développer au sein de la jeunesse. Le but était de former une future armée de libération nationale.

Différentes insurrections ont lieu. En 1876, la Turquie s'étant déclarée en faillite, certains jugent le moment opportun pour passer à l'action. Mais l'insurrection d'avril, débutée à Koprivstica et mal coordonnée, échoue après plusieurs jours de combats sangalants. 30.000 Bulgares sont massacrés...

Mais le salut ne va pas tarder en 1877, le tsar russe Alexandre II, rejont par des volontaires bulgares, va déclarer la guerre aux Turcs. Après de durs combats, notamment au col de Sipka, le sultan turc est obligé de capituler. Il devra sgner le traité de San Stefano. La Bulgarie retrouvera ainsi ses frontières du 14e s.

En 1879, l'Assemblée nationale bulgare proclame la Constitution de Tarnavo. Sofia devient la capitale d'une principauté constitutionnelle. Le but des Bulgares est de réaliser l'unité de leur pays. Ils y parviendront, en partie, en 1885.

En 1908, sous Ferdinand Ier, la Bulgarie devient officiellement un Etat indépendant.C'est l'ère des "guerres balkaniques" en 1912 et 1913. A cette époque, les Bulgares vont perdre une partie des territoires conquis en 1912.

La Bulgarie voit dans la 1ère guerre mondiale une occasion de se refaire mais elle choisit le "mauvais" camp. En 1919, la Bulgarie voit se retirer l'accès à la mer Egée et est condamnée à d'énormes dommages de guerre. Un climat de violence, la "terreur blanche", va s'installer durant l'entre-deux-guerres.

En 1941, Bris III sera contraint d'autoriser les troupes allemandes à stationner dans le pays. Il devra déclarer la guerre aux Anglos-saxons tout en se proclament neutre dans le conflit germano-soviétique. Toutefois, le gouvernement bulgare a toujours refusé de livrer les juifs bulgares à ses nouveaux  "amis" allemands. Lorsque l'URSS envahit la Bulgarie en septembre 1944, les Bulgares se joignent à eux pour en chasser les troupes allemandes.

En septembre 1946, les communistes s'emparent du pouvoir. Et cela durera 45 ans... Avant de pouvoir adhérer à l'Union européenne au 1er janvier 2007.

C'est en connaissant une infime partie de cette histoire que nous avons débarqué à l'aéroport de Sofia le samedi 17 juillet 2010. Nous y avons pris possession de notre voiture, une petite 4x4 qui se révélera bien utile pour ceux qui connaissent l'état des routes bulgares...

Notre premier hôtel était un petit hôtel familial situé dans la banlieue de Sofia, à Boyana.

Une fois installés dans ce charmant hôtel, il nous restait une partie de l'après-midi pour découvrir la capitale que nous allions d'ailleurs retrouver à la fin de notre voyage.

Comme nous avions lu que le stationnement dans Sofia était un vrai casse-tête (ce qui est légèrement exagéré) et qui risque en outre de se terminer par une visite à la fourrière, nous avions décidé de nous rendre dans le centre en taxi. Pour quelques levs (1 € = environ 2 lv), celui-ci nous déposa sur la place St Alexandre Nevski, au pied de la cathédrale.

 

Cathédrale St Alexandre Nevski

 

Si l'intérieur de la cathédrale, construite entre 1904 et 1912 par un architecte russe, ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, par contre, la crypte, à gauche de l'édifice, abrite une galerie d'Art ancien bulgare qui présente une exceptionnelle collection d'art religieux (des icônes allant du 12e au 19e siècle).

 

 

De là, nous avons traversé un square où se tient tous les jours un petit marché aux puces sur lequel l'on trouve aussi de belles reproductions d'icônes.

 

 

Dernier regard en arrière sur un cadre sympa doublé d'un temps superbe.

 

 

 Nous avons ensuite rejoint une ravissante église russe toute proche, l'église St Nicolas aux bulbes vert et or, élevée en 1914 dans le style russe du 17e siècle.

 

 

Non loin de là, se dresse l'ancien palais royal, élevé en 1888 par un architecte viennois pour fournir un logement au souverain élu, le prince Alexandre de Battenberg. Cet agréable bâtiment jaune abrite aujourd'hui deux musées (la galerie nationale des Beaux-Arts et le musée ethnographique).

 

 

Face au palais, se situe un agréable jardin public qui a remplacé à la fin du 19e siècle, les potagers où l'on récoltait melons et concombres.

Ce parc est bordé de plusieurs bâtiments dont le théâtre national Ivan-Vazov, dessiné en style néobaroque par des architectes à nouveau viennois. Sur le parvis, s'y déploie la terrasse d'un grand café populaire, envahie par beau temps.

 

 

Nous avons gagné par la suite la place centrale, ou place de l'Indépendance, où se rejoignent deux grands axes de circulation. Nous sommes là au coeur de la ville stalinienne, entourés de bâtiments aussi pompeux que monumentaux. Et le premier d'entre eux est ce qui fut, jusqu'en 1990, le siège du comité central du parti communiste. Aujourd'hui, la grande salle de réunion de 1200 places accueille les concerts de l'orchestre symphonique.

 

 

Ceci clôturait notre première prise de contact avec la capitale bulgare. Le lendemain, nous partions vers le nord du pays.



Publié à 21:46, le 12/06/2011, Sofia
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Jour 2 - Berkovica - Vidin

Sofia est entourée d'imposants boulevards et autoroutes. Nous sommes sortis de la capitale par le nord et nous avons directement été confrontés aux nids-de-poule que l'on retrouve dans toute la Bulgarie. Nous avons rapidement appris que dans ce cas, il vaut mieux slalomer entre les trous, à l'instar des autres habitués de ce bitume!...

Nous nous sommes dirigés vers Vidin, ville sur le Danube, formant la frontière avec la Roumanie. Mais pour couper un peu la monotonie du voyage, nous avions décidé de nous arrêter dans une petite ville, Berkovica.

Cette ville s'organise autour de la vaste place Slavejkov où trône un bâtiment public sur le mur duquel s'affiche un immense portrait. Un rappel du culte de la personnalité en vogue sous l'ère soviétique.

 

Place Slavejkov

 

A quelques pas de là, se dissimule l'église Notre-Dame, une église semi-enterrée, précédée d'un clocher-porche blanc qui donne accès à un joli jardin fleuri.

 

 

Après cette courte escapade et sous un soleil de plomb, nous avons repris la route vers Vidin, l'ancienne Bononia fondée par les Romains au 3e s. av. J-C.

Une ville à l'entrée monumentale (deux bandes de circulation dans chaque sens, mais truffées de trous !). Nous nous sommes garés au pied de la cathédrale avant de rejoindre le Danube qui fait office de frontière avec la Roumanie.

 

 

Une longue promenade ombragée borde ce fleuve avec, en face, la Roumanie.

 

 

Le long de cette promenade, on aperçoit tout à coup un ensemble de sculptures monumentales, témoins de l'ère soviétique. Durant notre voyage, nous avons pu constater qu'il en reste encore pas mal dans ce pays.

 

 

 

Cette sanctification (aujourd'hui, quel que peu contestée, semble-t-il) des vainqueurs, à l'Est, de la seconde guerre mondiale, on la retrouve ici aussi au centre de Vidin.

 

 

 

Un peu plus loin, une mosquée (Pazvantoglu) fait foi de la présence turque. En effet, sous la domination turque, Vidin était devenue un centre administratif et militaire. Elle deviendra même la capitale de la Bulgarie ottomane au 17e siècle. Vidin fut libérée en 1878 par les Roumains.

 

 

Pratiquement en face de cette mosquée, c'est une synagogue que l'on aperçoit, ou plutôt ce qu'il en reste. C'est le dernier témoin de la présence à Vidin d'une communauté ashkénaze, immigrée de Pologne au 18e siècle.

 

 

Mais Vidin, c'est aussi et surtout la forteresse Baba Vida, la mieux conservée des forteresses de Bulgarie. Elle contient des témoignages de toutes les époques: romaine, moyenageuse, ottomane et autrichienne

!

 

Trois petites tours sont autrichiennes alors que d'autres tours sont romaines. Le donjon central, lui, date du Moyen Age.

 

 

Après cette agréable promenade, nous avons repris notre véhicule afin de rejoindre notre hôtel près de Belogradchik, endroit que nous devions visiter le lendemain.

Il s'agissait d'un hôtel familial, Han Madona à Yanovets, un hôtel très bien aménagé. Mais nous étions les seuls clients au milieu d'une grande salle à manger ! Cette situation s'est malheureusement renouvelée plusieurs fois par la suite: il s'agit bien souvent d'infrastructures qui n'ont certainement pas à rougir par rapport à celles d'autres pays européens. En revanche, elles sont certainement sous-utilisées vu le manque criant de touristes !. 

 

 



Publié à 11:43, le 11/06/2011, Vidin
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Jour 3 - Région de Belogradchik

Il y a 200 millions d'années lorsque la mer se retira de la région, les grès rouges qui en constituaient le fond, se retrouvèrent en plein air, exposés au travail de l'érosion. Les formes sont étranges. La fantasmagorie opère.

 

 

Ces rochers sont longs de 30 km et larges de 3 km. Ils forment plusieurs groupes. Ils ont même été nominés aux "7 nouvelles merveilles naturelles du monde".

 

 

Ils abritent aussi une forteresse: quelques murailles jetées entre ces rochers et vous obtenez une forteresse clé-sur-porte inexpugnable.

Entre le 1er et 3e siècles, ce sont les Romains qui décidèrent de fortifier ce lieu afin de contrôler la route qui conduisait aux frontières nord de leur Empire. La forteresse fut réaménagée plusieurs fois. En 1369, elle tomba aux mains des Ottomans.

Abritant une simple garnison, elle sera modernisée et agrandie en 1805 par les Turcs qui redoutaient les soulèvements de plus en plus fréquents de la population bulgare.

 

 

On se retrouve ainsi au coeur d'un cirque rocheux rouge aux formes les plus étranges... Impressionnant !

 

 

 

Enfin pour terminer la journée (et se rafraîchir quelque peu), nous avons rejoint la grotte de Magura (où la température constante est de 12°C.). C'est l'une des plus grandes grottes de Bulgarie (attention: c'est dangereux - sol très glissant par endroits). On estime sa superficie à quelque 30.000 m². On y découvre des salles immenses avec stalactites et stalagmites à volonté ! Des cascades pétrifiées ajoutent à la féerie ambiante.

 

 

Fin d'une belle journée et retour à notre hôtel de Han Modona.

 



Publié à 11:58, le 10/06/2011, Belogradchik
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Jour 4 - Monastère de Glozene en passant par Trojan

Ce soir, nous allons dormir au monastère de Glozene (une très chouette expérience) ! Mais pour le rejoindre, nous avions plusieurs dizaines de km à avaler.

Mais avant d'y parvenir, et pour agrémenter le parcours, nous avons fait un crochet par le superbe monastère de Trojan. C'est le plus grand monastère dans le Balkan. Il est consacré à Sainte Marie.

C'est vers l'an 1600 qu'un moine et son élève s'établirent en ce lieu dans un simple chalet en bois. Mais peu après, leur présence attira d'autres moines et une communauté monastique se forma progressivement. Les moines qui se succédèrent à la gestion du monastère, effectuèrent des travaux et des agrandissements successifs, en fonction de leurs moyens mais aussi de ce qui était faisable sous le règne des Ottomans. En effet, ce n'était pas chose aisée que d'être chrétien dans l'Empire ottoman: ainsi, par exemple, le toit d'une église ne pouvait jamais être plus élevé qu'un Turc à cheval ! Ce qui explique que nombre d'églises en Bulgarie sont semi-enterrées.

 

 

Le monastère lui-même se compose de deux cours entourées de hautes galeries.

Les murs chaulés sont coiffés de toits de lauzes.

 

 

En pénétrant dans la seconde cour, on découvre l'église, entourée d'une galerie à arcades, couverte de fresques des plus colorées: le Jugement dernier, la cohorte des bienheureux...

L'église a été décorée, en 1847, de fresques du maître Zakhari Zograf, le peintre notamment du monastère de Batchkovo que nous verrons plus tard.

 

 

 

A l'intérieur de cette église se trouve une icône, considérée comme miraculeuse. Représentant la Vierge Marie avec le petit Jésus, elle est encore appelée l'icône de la Sainte Marie aux trois mains, à cause d'une main coupée figurant au bas du tableau.

Selon la légende, l'icône obtint son nom au 8e s., sous le règne d'un empreur byzantin Lion III Issavar. Celui-ci était un adepte du mouvement qui ne reconnaissait pas les valeurs des icônes dans l'église. Il s'attaqua aux écrits d'un certain St Jean de Damasc, fervent défenseur des icônes et qui faisait partie de la cour du khalif. L'empreur byzantin ne pouvant pas le punir lui-même, le dénonça comme traître auprès du khalif. Celui-ci ordonna qu'on coupe la main à St Jean. Ce dernier réussit toutefois à récupérer sa main coupée pour la "coller" à son poignet et pria longuement la vierge de lui rendre grâce. A son réveil, St Jean vit sa main recollée comme s'il n'y avait jamais rien eu...

 

 

Après cette visite très enrichissante, nous avons gagné notre monastère de Glozene pour y passer la nuit. Un monastère accroché à la montagne boisée, retiré de tout et dominant la vallée. Superbe vue dans un calme absolu. Nous étions les seuls "clients" !

 

 

Ce monastère de bois très petit est posé sur un soubassement de pierre datant de sa fondation au 13e s. Il fut en effet fondé en 1224 par un prince de Kiev, Georgiy Gloj.

Le sanctuaire est constitué d'une église et d'une petite cour autour de laquelle se répartissent les cellules de moines, louées aujourd'hui comme chambres pour les visiteurs.

Le monastère comporte aussi un petit restaurant. Pas besoin de redescendre dans la vallée pour se sustenter !

 

 

Il a l'air d'un château inexpugnable, perché ainsi au sommet d'un mont, au bord de rochers abrupts.

Au 13e s., ce monastère constituait l'un des plus grands centres culturels de la région.

 

 

 

 

Bonne nuit...

 

 



Publié à 11:50, le 9/06/2011, Glozhene
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Jour 5 - Koprivshtitsa

 

En parcourant les routes bulgares, on croise nombre de véhicules les plus divers (que l'on aurait pu croire disparus), voire des troupeaux (moutons, vaches...).

 

 

 

 

Nous sommes arrivés ce jour-là à Koprivshtitsa. C'est assurément l'une des plus jolies villes de Bulgarie qui constitue l'un des piliers identitaires de la Bulgarie.

Selon une légende, Koprivshtitsa est apparue au début de l'invasion ottomane. Une noble dame, venant de Rila, choisit l'endroit pour la qualité des pâturages aux alentours. Plus tard, elle réussit à obtenir du sultan même, un document de propriété et reçut des privilèges inhabituels pour l'époque: un cavalier turc n'avait pas le droit de traverser le village si son cheval était ferré. Les habitants avaient aussi le droit de porter une arme.

En fait, Koprivshtitsa existait sans doute avant l'invasion ottomane. Riche, reculée dans la montagne, cette ville fut régulièrement pillée et saccagée par les bandes turques à travers les siècles. Mais elle bénéficiait aussi d'un privilège rare: pour en promouvoir l'essor économique, le sultan avait accordé une large autonomie à ses édiles. Ce terreau favorable permit que se développent les ideés d'émancipation nationale. En avril 1876, fut déclarée l'insurrection contre les Ottomans qui mena à la guerre russo-turque et finalement, à la libération de la Bulgarie.

Koprivshtitsa connut son apogée au milieu du 19e s.: les riches négociants y construisirent de somptueuses demeures aux façades colorées que l'on peut encore voir aujourd'hui. Pour les visiter, il suffit de se procurer un pass.

 

 

Maison Oslekov : une superbe demeure élevée en 1865 pour un collecteur d'impôts, avec une façade asymétrique et colorée. Le propriétaire de cette maison fut pendu à Plovdiv en 1876, coupable d'avoir fabriqué des uniformes pour les insurgés.

 

 

Maison Dimco-Debeljanov : une maison bleue construite en 1930 au fond d'un jardin. La verdure contraste avec le bleu profond des murs de la maison. Un poète bulgare, Dimco Debeljanov, y habita. Il connut une fin prématurée en 1916, lors de la 1ère guerre mondiale.

Dans le jardin, on peut aussi voir la copie du monument funéraire du poète, représentant une mère attendant vainement le retour de son fils. Mélancolie garantie...

 

 

Intérieur d'une autre de ces maisons-musées.

 

 

Une ville aux rues pavées, faite pour la flânerie.

 

 

 

Maison Todor-Kableskov: une riche demeure à la façade symétrique, élevée en 1845 par un maître bâtisseur local. L'étage présente une façade concave.

 

 

Maison Ljutov: une jolie demeure bâtie en 1854 pour un commerçant d'Alexandrie.

 

 

La cuisine de cette maison avec sa cheminée particulière.

 

 

Maison Ljuben-Karavelov : il s'agit en fait de deux petites maisons (1810-1820), l'une pour l'été et l'autre pour l'hiver, nichées dans un jardin. C'est là que naquirent les frères Karavelov : le premier, journaliste et écrivain, fut l'un des dirigeants du mouvement de libération nationale et le second était un homme politique qui participa à la construction du nouvel Etat bulgare.

 

 

La ville est en tout cas colorée par ses multiples habitations.

 

 

 

 

Finalement, nous avons logé dans une belle maison d'hôtes de cette ville. Un beau souvenir...

 



Publié à 12:30, le 8/06/2011, Koprivshtitsa
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